

millions d’Ukrainiens
sur les routes de l’exode
neige dans les cœurs
derrière eux l’horreur
soleil et lune témoins
terres éventrées
tous les délits permis
absence de conscience
aubes fracassées
un char à la chasse
écrase auto et chauffeur
carcasses d’oiseaux
crise humanitaire
les pierres et forêts pleurent
la chair à canon
plusieurs pourparlers
mensonges après mensonges
le ciel noir de sang
deux coups de canon
l’auto est pulvérisée
vieux carbonisés
innocents tués
profanation de l’humain
ville cimetière
les laisser périr ?
ne pas se priver de gaz
ni fermer le ciel ?
globe responsable
tant de corps morts dans les rues
comment dort-il ?
cette énergie sale
l’accepter plutôt que perdre ?
le blé goûte noir
terrible dilemme
aider ou ne pas aider ?
familles décimées
nos élus observent
comptent les convois, les frappes
soleil éclatant
Revue de presse
Dans son plus récent recueil de poésie, Lauriers pour l’Ukraine, lancé le 12 juin dernier, Bernard Anton réfléchit sur la violence de la guerre en Ukraine.
« Ça s’est imposé tout seul », affirme l’auteur de Prévost d’entrée de jeu. Il ne pouvait pas rester indifférent à tout ce qu’il voyait dans les médias. « Je ne suis pas soldat, je n’irai pas faire la guerre. Avec ce recueil, j’ai eu une longue réflexion sur la violence. J’ai combattu avec mes mots. Pour moi, ne pas dénoncer, c’est approuver cette guerre », dit-il en entrevue avec le Journal.
« Dans le recueil, je fais la guerre à la guerre. Avec mes mots, mes images, je dénonce ces horreurs », soutient l’auteur. « J’invite le lecteur à réfléchir sur ces scènes pathétiques, émouvantes, cruelles. Est-ce qu’elles sont acceptables ? Chaque fois que le lecteur tourne une page, c’est la question qui est posée. »
Selon lui, les artistes, peu importe leur discipline, sont des « éveilleurs de conscience ». « Je m’engage pour l’humain, pour la justice, pour ceux qui souffrent », affirmet- il. Il s’est retrouvé malgré lui à faire de la poésie « engagée humainement ». « Ça devient de l’art social. C’est très profond. Ça prend une autre dimension. » L’écriture de ce recueil a aussi été pour lui comme un exutoire pour sa colère, son indignation, face aux injustices de cette guerre.
Bernard Anton participera à la rencontre culturelle en soutien à l’Ukraine. Celle-ci aura lieu du 17 au 19 juin à la Galerie ROD à Saint-Sauveur. Il y lira des extraits de Lauriers pour l’Ukraine. Vous pouvez vous procurer le recueil en ligne chez tous les libraires marchands.
La guerre n’est pas un thème que Bernard Anton traite généralement dans ses oeuvres. Il choisit plutôt d’aborder l’amour et la paix.
« On est loin de la douceur avec la violence de cette guerre. »
Quant au titre, l’auteur a changé plusieurs fois d’idée. Il s’est finalement arrêté sur le mot « lauriers ». « C’est comme de donner un laurier pour chaque soldat, chaque Ukrainien, mort dans des circonstances épouvantables. Dans les lauriers, il y a la compassion, l’admiration, l’amour », explique-t-il.
Le recueil de poèmes est composé de haïkus. Ceux-ci sont de brefs poèmes « lapidaires » d’origine japonaise. Bernard Anton a toujours aimé cette forme de poésie, très concise, composée de 17 temps en japonais, en trois vers.
« Ça ne trompe pas. Ça cible d’une façon très forte l’émotion, une scène, un tableau, un évènement. C’est très précis, comme un coup de fusil. PAF! Il ne faut pas rater son coup », lance-t-il.
Selon lui, des poèmes de 30 vers ou plus auraient été « insoutenables », en raison des « horreurs, les unes après les autres ». « Les haïkus sont comme des petites chandelles. Comme des lampions qu’on allume devant ce film horrible qui se déroule devant nous. »
–
Derrière eux l’horreur
Soleil et lune témoins
Terres éventrées
Deux coups de canon
L’auto est pulvérisée
Vieux carbonisés
La boue protectrice
Enlise les ennemis
Ah! Mère nature!
Villes à genoux
Mort des aurores blessées
L’esprit tient debout
https://www.journallenord.com/culture/une-reflexion-sur-la-violence-par-la-poesie/
________________________________
Bernard Anton s’engage pour la paix avec Lauriers pour l’Ukraine
Delta news, 29 juillet 2022
Tout d’abord, les fans de haïkus connaissent sans doute déjà qui est l’écrivain derrière ce projet. Après tout, Bernard Anton est réputé pour sa maîtrise de la forme poétique japonaise et s’est illustré dans de multiples ouvrages et recueils du même genre. Son nom d’auteur est « Ben », et ses casquettes sont différentes ! À la fois professeur au Québec, auteur, thérapeute, il s’est souvent démarqué lors d’évènements consacrés à la poésie et au slam. Il comptabilise à son actif un chiffre impressionnant, dépassant plus de cinquante publications auprès de nombreux éditeurs. Cette fois, Bernard Anton fait de nouveau confiance aux Impliqués éditeurs, une catégorie appartenant au grand réseau de L’Harmattan. En cause, la guerre en Ukraine, qui ravage une partie de la population et génère une vague de solidarité en Europe et ailleurs.
Exploitant ses thèmes de prédilection comme l’amour, la prise de conscience et le désastre écologique, son regard se pose sur ce que l’humain fait de pire. Avec ses autres recueils, dont Célébrades, Bernard Anton s’approprie la langue et participe à son renouvellement. En créant des mots, en jouant avec les sons et les images…
D’ailleurs, ce spécialiste en haïku a su dompter cet art venu du pays du soleil levant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Bernard Anton a totalement cerné son but premier : mettre des mots et exprimer des émotions. Cela peut concerner les jours qui se suivent, ce temps qui s’écoule inexorablement ainsi que de scènes étonnantes…
Au cours de ce livre court, le poète observe la situation qui l’entoure et qui est si lointaine à la fois. En effet, Bernard Anton ne se bat pas sur le front — mais il a décidé de brandir son arme qu’est l’art. Cette approche s’inscrit dans l’actualité et dans des causes qui lui tiennent à cœur. Dans sa longue carrière, Anton s’est attaqué à de nombreux sujets, dont la protection de la nature. Pour rappel, la guerre a pris racine en 2014, avec la révolution ukrainienne de la Dignité. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exigé la mobilisation générale et a sollicité l’aide internationale. En réponse à cette demande, de pays comme les États-Unis et les États européens ont émis un message fort. Certes, la Russie dispose d’alliés puissants telles la Chine et l’Inde, mais ces derniers sont-ils fiables ? L’Histoire semble se dessiner en faveur des terres envahies.
Afin de porter sa pierre à l’édifice, Bernard Anton a écrit un peu plus de la moitié du recueil Lauriers pour l’Ukraine à destination du peuple ukrainien. Résolument positif vis-à-vis de la révolution et la résistance à la Russie, ses haïkus exposent des images choquantes, mêlant urgence écologique et humaniste : « crise humanitaire — les pierres et forêts pleurent — la chair à canon ». Grâce à une subtilité qui lui est propre, Bernard Anton souligne également l’ironie et l’hypocrisie des personnes réagissant à ce conflit international : « l’analyste zélé — commente les stratégies — sourire en coin », exprimant à quel point les médias ont tendance à déshumaniser et à s’exclure du combat. Un aspect, que l’on retrouve souvent dans les travaux de Bernard Anton est sa sensibilité en matière de questions théologiques et son attrait pour la sphère spirituelle comme en témoigne ce haïku : « serait-ce une erreur — de dieu qui esquisse l’histoire — le sang s’insurge. »
Même si la grande majorité du recueil est tourné vers l’Ukraine, l’auteur ne peut s’empêcher de glaner d’autres horizons, afin de proposer un genre d’éventail de pensées et d’images, qui finalement se complètent bien et composent tout un monde. Dans la partie appelée « Entre la peau et la pulpe », les clichés ordinaires d’une nature vivante lui parviennent. Animaux, humains, arbres, plantes, mets délicieux, voyages se réunissent pour décrire ce qu’est l’expérience de la vie. Cela forme un beau contraste avec le début du livre, très sombre et brutal. Bernard Anton ne craint pas de sélectionner des mots qui font frémir, frissonner. Finalement, grâce à cette pause exquise et aux autres parties comme « Libertades » ou « Jeux de grâce », le poète accorde une trêve à son lecteur, en prenant soin de lui. On peut choisir en exemple ce haïku transcendant : « s’amuser à fond — ecchymoses et blessures — hennir de joie ».
En définitive, cet admirateur de la grande Brigitte Bardot reste fidèle à lui-même, avec ce nouvel ouvrage qui correspond vraiment à son univers et à ses inspirations. Parfaitement dans sa zone de confort, l’œuvre Lauriers pour l’Ukraine attire l’attention sur un évènement historique majeur, qui laissera son empreinte dans le parcours de l’humanité.
Une pensée pour la communauté ukrainienne
Par Alex Proteau, dans L’Info du Nord, 8 juillet 2022
L’écrivain et professeur Bernard Anton annonce la sortie de son nouveau recueil Lauriers pour l’Ukraine aux éditions Les Impliqués (Paris) et a choisi le LézArts Loco à Val-David pour y faire son lancement officiel le dimanche 12 juin.
Ses liens d’amitié avec Anna Louise Fontaine, qui anime des soirées poésie dans ce lieu depuis deux ans l’ont motivé à sélectionner cet endroit, explique l’auteur qui va souvent à Val-David pour des effectués des activités culturelles.
Plus de la moitié de son œuvre est dédiée à la guerre qui fait rage en Ukraine et est composée de haïkus, brefs poèmes lapidaires d’origine japonaise. « Chaque minute qui passe, on voit des obus, des bombes qui détruisent un pays pacifique et innocent. Le monde entier est bouleversé à cause de cette guerre », exprime-t-il.
« Pour moi, c’est ma façon de décrire cette horreur et d’y réagir et de la dénoncer », enchaine-t-il.
Les autres pages traitent de sujets divers tels que la liberté et l’amour. Le nom de Bernard Anton peut vous sembler familier : sa carrière littéraire s’étend sur plus de 30 ans avec une cinquantaine d’œuvres à son actif, publiées au Québec, en France et aux États-Unis.
Des critiques et des poètes (Gaston Miron, Jean Royer, Jean Éthier-Blais) ont décelé tôt le raffinement ainsi que l’humanisme de sa pensée et de son verbe. Pour ceux qui ne pourront y être, Lauriers pour l’Ukraine est disponible au Québec depuis le 2 juin.
POESIE « Lauriers pour l'Ukraine » de Bernard Anton est paru en juin 2022 chez Les impliqués
Publié le 06/07/22 à 12h35 — Mis à jour le 06/07/22 à 12h35
Lauriers pour l'Ukraine — Les impliqués
« Lauriers pour l'Ukraine » : Bernard Anton évoque l'indicible sous la forme du haïku
Thibaut « LecturesB » contributeur du groupe de lecture 20 Minutes Livres, vous recommande Lauriers pour l’Ukraine de Bernard Anton, paru le 2 juin 2022 aux Éditions Les impliqués.
Sa citation préférée :
"Se croire invincibles,
l’histoire écrit ces boucheries,
rivières saignantes."
Pourquoi ce livre ?
L’essentiel en 2 minutes
L’intrigue. La guerre en direct de l’Ukraine a ébranlé le monde entier. Un mouvement de solidarité et de compassion s’est formé pour soutenir la résistance de ce pays et dénoncer les crimes contre l’humanité. Les poèmes courts de Bernard Anton suivent cette mouvance.
Les personnages. Les individus présentés dans ce recueil n’ont pas spécialement de noms. Ce sont des peuples, des humains, mais aussi des animaux. Une partie de l’ouvrage est dédiée à Brigitte Bardot.
Les lieux. Europe de l’Est, Ukraine, Québec (Canada) où vit l’artiste.
L’époque. Aujourd’hui.
L’auteur. Bernard Anton est un auteur très prolifique et spécialisé dans la forme du haïku. Basé au Québec, il s’est passionné pour la thérapie et a même théorisé l’importance du pardon dans la guérison du corps et de l’âme.
Ce livre a été lu avec engouement car au-delà de la guerre, cette découverte permet de bien cerner les enjeux favoris et les thématiques de prédilection de Bernard Anton que sont l’amour, les dérives de la corruption et le poids de la violence, mais aussi la splendeur de la nature.
Bernard Anton est un fervent protecteur de la nature, humaniste convaincu, qui ouvre ses chakras aux questions existentielles. Évidemment, il se sent concerné par les crimes contre l’humanité qui ont lieu. Lors d’une guerre, le pire s’exprime : pillage, viols, infanticides… Pour ces peuples qui se ressemblent pourtant, composés d’hommes et de femmes que seule la nationalité diffère, l’auteur est investi d’une mission. Grâce à ce recueil, le poète entend dénoncer les dérives d’une espèce sans cesse conquérante, insensible face à la colère d’une planète à bout de souffle. La forme brève et très puissante du haïku donne un écho particulier à chaque scène de guerre, créant un sentiment de malaise immédiat dans l’œil du lecteur.
Mais ce n’est pas tout. Dans cet ouvrage de 68 pages, le professeur et thérapeute aux talents pluridisciplinaires décide également d’incorporer d’autres thématiques, qui adoucissent le propos sans jamais l’effacer. Au contraire, dans ce livre brut et unique, les « Lauriers pour l’Ukraine » incluent aussi l’insouciance et l’émerveillement d’un auteur touché par la beauté.
Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que Monsieur Bernard Anton a fondé et imaginé le Prix Mur de l’espoir, pour célébrer le haïku et son pouvoir. Grâce à une étude approfondie et des descriptions concrètes, le moment présent est parfaitement retranscrit. Un travail à la fois personnel et cathartique, pour cet auteur qui se sent viscéralement concerné par la cruauté de l’humain, qu’il s’agisse d’un ressenti haineux à l’égard de l’autre ou bien au sujet des animaux.
Surprenante et atemporelle, l’ode de Bernard Anton est constante. Le lecteur voyage à bord d’un bateau qui tangue et s’approche de plusieurs îles, aux thèmes différents mais qui composent une toile homogène et intelligente. La paix, la spiritualité, la nature et sa préservation, mais aussi le bien-être. Même si la partie principale de l’ouvrage se dévoue à la guerre en Ukraine, Anton ne perd pas de son cœur de « slameur », avec des propos qui peuvent créer la polémique, à bon escient.
Mais l’auteur s’extrait du carcan politique ici, en insistant surtout sur la symbolique et les émotions qu’il ressent face à l’urgence climatique, une préoccupation qu’il partage avec Madame Bardot. Au cours de cette longue réflexion, portée par un recueil riche aux images fortes, l’artiste parvient à donner envie au lecteur d’en apprendre plus à son sujet. Ses mémoires d’humaniste convaincu sont de belles leçons d’humilité, qui appellent à la contemplation. Il n’est plus question de regarder dans le sens qui nous arrange, simplement pour notre confort. Tout le monde devrait se sentir concerné par la crise, qu’elle soit le cri du cœur d’une planète à la dérive ou celui d’un citoyen ukrainien, que l’on chasse de chez lui. En réalité, toute la fresque qui compose les « Lauriers pour l’Ukraine » sonne à l’unisson. Grâce à un discours résolument moderne et traditionnel à la fois, Bernard Anton s’impose comme un funambule, oscillant entre douceur et onde de choc.
Grâce au pouvoir d’une forme courte et d’un recueil avec peu de pages mais de grandes idées, Ben réussit à proposer une immersion impressionnante où les mots sont maîtres. Le lecteur est guidé dans une autre dimension où tout paraît si authentique et vrai qu’il aura la sensation de pouvoir toucher et voir les haïkus défiler sous ses yeux. Difficile d’oublier cette plongée abyssale, dans les entrailles de la planète Terre et de l’espèce humaine. Un animal sociable aussi bon que mauvais…
Les éditions de l’Harmattan ont déjà publié de nombreux ouvrages de l’artiste engagé Bernard Anton. Ce groupe éditorial français a vu le jour en 1975, il s’agit d’une des maisons d’édition les plus connues à l’échelle nationale et même à l’étranger. Au sein de la structure « Les impliqués Editeur », Bernard Anton a présenté des recueils poétiques, dont les dernières sont les « Célébrades » et les « Montagnes de cendres » entre 2020 et 2022.
Derrière ces livres poignants semblables aux « Lauriers pour l’Ukraine » se trouve Bernard Anton. Ce professeur spécialisé dans l’humanisme et la poésie s’est illustré de multiples fois par cet art originaire du Japon, le haïku. Pensé pour retranscrire des scènes souvent éphémères, par des images efficaces qui célèbrent et décrivent l’instant présent. Au sein de cette œuvre courte, l’auteur ultra prolifique s’attaque à une crise mondiale sans précédent.
Auparavant, l’écrivain avait déjà mis en lumière ses combats de vie, dont son engagement pour la protection de l’environnement. Ce défenseur des droits des animaux et de la nature plus généralement s’est inspiré de Brigitte Bardot dans les Célébrades. Ici, il récidive en consacrant une partie de l’ouvrage à son rôle dans le western les « Pétroleuses », où elle partage l’affiche avec Claudia Cardinale. Mais plutôt que de dédier ce recueil à la fameuse « BB », l’auteur prend un virage nettement plus sombre, avec une majeure partie du livre qui expose la terreur et les atrocités de la guerre. Sous un angle très animiste, Bernard Anton donne vie à une planète souffrant elle aussi – des conflits armés.
Pour rappel, l’animisme est une croyance dans laquelle une personne prête une âme aux objets non animés, cela peut également concerner les animaux ou même des lieux comme les montagnes, par exemple. Très répandu dans les cultures autochtones des natifs américains, il est intéressant de noter que l’auteur vit aujourd’hui au Québec. Les Amérindiens du Québec sont algonquiens, iroquois et inuits. De nombreux peuples aux spiritualités complexes, qui partagent des mythes en commun. S’est-il inspiré des chamans et clans autour de lui, pour définir sa propre vision du monde et de l’au-delà ?
Dans cette contemplation de la vie qui s’écrase face aux chars et aux troupes armées, Bernard Anton s’interroge sur l’avenir. « Des larmes pour l’Ukraine » prennent la forme de haïkus terribles et s’indignent dans une guerre qui n’a pas de sens. Finalement, l’angle choisi par l’auteur semble vouloir supposer que la cruauté humaine est le plus grand mal de la planète.
Mais puisque Bernard Anton n’est pas moralisateur, il appelle surtout à une réflexion plus profonde, concernant l’impact de l’humain sur la Terre. À une ère où l’urgence climatique est plus dramatique que jamais, il est important de secouer les consciences et de pointer du doigt des vérités qui dérangent... En réalité, lorsque les guerres se jouent et détruisent, la faune et la flore subissent. Bien entendu, l’humain défend avant tout sa propre espèce : il songe à l’écosystème en second plan. Mais n’est-ce pas précisément la raison de ce massacre continu qui étouffe le vivant ? En agissant de la sorte, l’Homme se désolidarise de son monde, auquel il appartient. Il serait peut-être temps de penser « global » et de jouer sur cette unité utopiste certes, mais porteuse d’espoir.
Puisque Bernard Anton est un auteur prolifique qui puise ses inspirations dans ce qui l’entoure, il ne compte pas s’en tenir qu’à son opposition à la guerre. Pour mieux sublimer ce message de paix, il décide d’y inclure d’autres parties, beaucoup plus brèves, mais qui semblent prendre la forme d’un puzzle. Approchées les unes des autres, chaque pièce s’assemble à la perfection. Que cela soit intentionnel ou non, le résultat donne une impression de tableau. Les trente-neuf premières pages sont consacrées à l’Ukraine, les haïkus restants se séparent en des « morceaux », des fragments de vie qui composent le visage du monde. Une face qui n’est ni parfaite et pure, ni corrompue jusqu’à l’os et sans espoir.
Dans la partie « Entre la peau et la pulpe », l’écrivain contemple son environnement calme où les animaux vivent en harmonie avec l’humanité. Les saisons s’enchaînent et survivent, dans un rythme maîtrisé, régi par l’énergie d’une nature qui bouge. Les « Libertades » sont plus tournées vers les relations à l’autre, au corps, à l’amour… Tandis que les « Jeux de grâce » se concentrent autour de la figure tant adulée par l’auteur, Brigitte Bardot. La fin de la compilation de poèmes perturbe le lecteur et le trouble. Dans la « Dysharmonie », ce dernier rencontre une plume apeurée, qui a tout abandonné… Et qui finit par se complaire derrière un masque…
Difficile de rester de marbre face à un projet aussi sincère et authentique. Le lecteur découvrant Bernard Anton se trouve en possession d’une œuvre qui le représente bien : engagée, résolument tournée vers l’autre, sensuelle et sensorielle.
https://www.francenetinfos.com/les-poemes-de-bernard-anton-sont-des-lauriers-pour-lukraine-221109/
PACEPRESS - 13 JUIN 2022
S’il y a bien une thématique qui inspire l’art, c’est l’information. Bernard Anton n’échappe pas à cette règle. Bien au contraire, cet écrivain aux compétences différentes et uniques en leur genre se démarque surtout par son goût pour les sujets actuels et les motifs qui préoccupent les esprits.
Dans son autre livre paru aux mêmes éditions « Les Impliqués », l’auteur présentait ses « Montagnes de cendres ; haïkus et tankas ». Dans cette œuvre disponible en version numérique et physique, l’artiste décide de s’attaquer à la pandémie, liée au coronavirus… Il se repose sur ses émotions, car le poème japonais propose un format qui se prête particulièrement à l’exposition de tableaux vivants et de l’instant présent. Mêlant surprises et scènes de type doux-amer, Bernard Anton publie en été 2022 le livre « Lauriers pour l’Ukraine », qui compte moins de 70 pages. Cet ouvrage coup de poing tombe à point nommé.
En effet, la crise humanitaire en Ukraine est d’actualité, et mérite qu’on s’y attarde. Même si l’écrivain réside dans la province de Québec au Canada, ce dernier se sent concerné par ce conflit. En effet, l’auteur altruiste considère que tous les êtres forment un genre de toile unie, dans laquelle les différentes ethnies et les peuples sont frères. Une approche spirituelle qui s’inscrit dans une mouvance hippie et qui se traduit par une diabolisation de la guerre et un éloge de la paix.
Le recueil de poésie use des qualités du haïku, pour exploiter à fond des images choquantes, grâce à un lexique particulièrement riche. En mêlant ses combats pour l’écologie, l’auteur déferle sur une vague, qui a pour but d’emporter le lecteur dans un état de pleine conscience.
En réalité, la crise humaine est aussi une bataille liée à l’environnent, où l’animal et l’Homme sont menacés : « génocide en règle — mines antipersonnelles — campagnes rasées ». Puisque le livre est court et rapide à terminer, il se présente comme une découverte idéale en transport en commun, pour s’évader intelligemment. La poésie est un excellent moyen de visiter la psyché de l’autre. Certains haïkus trouveront un impact, un écho plus important chez un lecteur que d’autres.
Finalement, le projet de Bernard Anton est de soutenir inconditionnellement un pays face à l’oppression, plaçant le rôle de la liberté au cœur de toute bataille. Mais dans ce conflit meurtrier, certaines images appellent à l’espoir : « exactions sordides — alors que les coqs palabrent — chant des rossignols. »
En finesse et contrastés, les « Lauriers pour l’Ukraine » forment la première partie de ce recueil. Ce n’est qu’à la page 41 que l’on découvre la seconde catégorie : « Entre la peau et la pulpe », où l’auteur contemple et admire cette nature qui le fascine et l’impressionne. C’est pendant cette pause bien méritée que le lecteur peut reposer ses sens, après un tourbillon de violence : « Bianca ma colombe me fixe — un brin étonnée : tu réfléchis trop ! » Avec cette touche d’humour à laquelle Bernard Anton habitue sa cible, ce dernier l’emporte dans une promenade réconfortante. La partie « Libertades » se dédie principalement à « l’échange amoureux » tandis que les « Jeux de grâce » se consacrent à Brigitte Bardot, véritable muse dans le cœur d’Anton.
Entre les deux axes de ce livre, le lecteur trouvera certains haïkus parfois dérangeants qui parlent pour ceux qui n’ont pas le don de parole. En France, dans la conférence internationale pour les droits des animaux d’Esch-sur-Alzette en 2017 : « L’abattoir est considéré comme une personne morale alors que les cochons qui y meurent sont des choses. » Dans le pays des Lumières, il semblerait qu’une des lampes soit éteinte. C’est dans une optique militante et intelligente que Bernard Anton cherche à se démarquer.
Grâce au langage et tout en harmonie, le poète use d’un lexique riche et d’un vocabulaire atypique, pour traiter de l’environnement et des sévices entre hommes. Une manière d’introduire en douceur un lecteur qui n’a jamais lu de haïku. Cela peut même lui donner des envies de création, lui permettant de s’atteler à l’art de l’écriture.
Dans cette dénonciation efficace et percutante, Bernard Anton joue avec les mots, les manipule — dans le but d’exposer le visage corrompu d’une politique militariste et autoritaire. Avec son format pratique à emporter et ses pages faciles à déchiffrer, la découverte nécessite quelques pauses, afin d’en déguster toute la saveur.
Les « lauriers pour l’Ukraine » sont une manière intéressante de promouvoir la lecture et l’accès à la culture aux personnes qui n’apprécient pas les grands volumes et souhaitent trouver de nouveaux horizons.
https://www.pacepress.org/les-impliques-presentent-les-lauriers-de-bernard-anton.html
Ne lui demandez pas de débarquer au front avec un fusil. Ce poète des temps modernes vit dans la province de Québec, au Canada. Auteur de plus de cinquante livres de différents genres, ce touche-à-tout est aussi professeur. Mais sa spécialité repose avant tout sur la poésie et sur son expression. Bernard Anton s’est épris du haïku il y a plusieurs années déjà et s’est pleinement approprié cette forme venue du Japon, d’apparence simple, minimaliste, mais subtile. Pour rappel, le « haïku » traditionnel embrasse la structure suivante : trois vers, cinq syllabes, puis sept, puis cinq de nouveau. Ces poèmes ont pour vocation de décrire l’instant présent, futile et impossible à empoigner. L’artiste s‘étonne face à son environnement, à cette nature dont il s’imprègne.
Et cela tombe bien, car l’écrivain engagé a récemment publié ses « Lauriers pour l’Ukraine », un recueil poétique de 68 pages. L’ouvrage est paru dans la branche des « Impliqués » le 2 juin 2022. Par ailleurs, cette catégorie partie des éditions de L’Harmattan. La première partie de ce livre coup-de-poing se consacre exclusivement à la guerre qui fait rage à l’est de l’Europe. Entre la Russie et l’Ukraine, la situation a dégénéré, à la suite de l’invasion du pays par les forces de Vladimir Poutine. Le poète, dont le nom de plume est « Ben » — s’est déjà attelé à l’expression des crises et des urgences. Tout d’abord, son combat écologique se retranscrit parfaitement sous la forme du haïku japonais. C’est le cas pour ses recueils : « Célébrades » et « Montagnes de cendres », publiés aux mêmes éditions. Tandis que l’un s’interroge et pointe du doigt les limites du transhumanisme et la dégradation de la planète, l’autre s’attaque directement à la gestion de la pandémie.
Cette fois, les « Lauriers pour l’Ukraine » adoptent un ton particulièrement lourd et sombre. Certains passages donnent la chair de poule. Certes, le texte est aéré, grâce à une mise en page minimaliste. Mais le propos vise juste et heurte notre sensibilité, cherchant à interpeler notre empathie naturelle. Par exemple : « terrible dilemme — aider ou ne pas aider ? — familles décimées. ». L’ouvrage soutient fermement la position du président Zelenski face à son adversaire. Souvent, le courage ukrainien est salué : « villes à genoux — mort des aurores blessées — l’esprit tient debout. » Outre l’horreur de la guerre qui terrorise l’artiste, il y a aussi le champ de bataille. La planète Terre est également touchée par ces assauts répétés : « génocide en règle — mines antipersonnelles — campagnes rasées. » Cette entrée en matière s’achève à la page 39. Enfin, la seconde partie du recueil appelée « Entre la peau et la pulpe » renvoie davantage à l’aspect convenu du haïku. Le poète s’étonne et s’émerveille devant une nature sauvage sublime : « vent d’automne — une feuille-grenouille — sautille devant ma porte. » Comme un calme après la tempête, l’écrivain sait prendre soin de ce lectorat qui accueille cette section à la manière d’une trêve nostalgique et mélancolique.
En effet, les autres « chapitres particuliers » de ce recueil sont des haïkus écrits avant la guerre. Parmi ceux-ci les « Libertades » nous renvoient à la touche intime de Bernard Anton, qui adore s’approprier et créer de nouveaux mots. Cette lecture agréable et sensuelle offre une place spéciale à l’amour et à la passion charnelle, en toute subtilité. Ce grand admirateur de Brigitte Bardot tient également à lui dédier ses « Jeux de grâce ». Ce n’est pas là son coup d’essai, puisque les « Célébrades » de Ben rendent hommage à la protectrice des animaux. Malgré ses frasques médiatiques, le personnage emblématique de BB symbolise pour lui le combat de toute une vie, notamment via sa fondation.
Grâce aux dates, le lecteur peut établir sa propre chronologie. Par exemple, la sombre « Dysharmonie » a été rédigée en janvier 2022, ce qui correspond au mois précédent l’invasion de l’Ukraine. « A la rescousse des masques » s’achève dans un esprit de joie et de fête. Serait-ce un jeu de mots entre le masque chirurgical et la parure de Venise ?
Finalement, Bernard Anton est un poète humaniste, qui cherche à décrire avec précision son monde et ses préoccupations. Comme tant d’autres figures engagées et activistes, il réussit à exprimer ses émotions dans un univers théâtral, qui ne prend plus le temps de respirer ou de vivre. Un philanthrope prolifique et productif, qui se démarque en osant. En effet, le « haïku » est une forme qui tend à se perdre, délaissée par les librairies et les lecteurs. Par ce défi, l’écrivain parvient à toucher sa cible, peu importe sa génération. Certaines réflexions pousseront à la critique constructive. En définitive, le recueil « Lauriers pour l’Ukraine » donne des envies de création et d’ailleurs. Une belle leçon de style, en toute humilité.
M. Zack SEMINET
https://culture-evasions.fr/2022/06/02/bernard-anton-quand-lhumaniste-part-en-guerre-livre/
Les poèmes de Bernard Anton sont des «Lauriers pour l’Ukraine»
Au sein de la structure « Les impliqués Editeur », Bernard Anton a présenté des recueils poétiques, dont les dernières sont « Célébrades » et « Montagnes de cendres », entre 2020 et 2022. Il sort maintenant ce 3 juin son nouveau recueil.
Derrière ces livres poignants semblables aux « Lauriers pour l’Ukraine » se trouve Bernard Anton. Ce professeur spécialisé dans l’humanisme et la poésie s’est illustré de multiples fois par cet art originaire du Japon, le haïku. Pensé pour retranscrire des scènes souvent éphémères, par des images efficaces qui célèbrent et décrivent l’instant présent. Au sein de cette œuvre courte, l’auteur ultra prolifique s’attaque à une crise mondiale sans précédent. Auparavant, l’écrivain avait déjà mis en lumière ses combats de vie, dont son engagement pour la protection de l’environnement. Ce défenseur des droits des animaux et de la nature, plus généralement, s’est inspiré de Brigitte Bardot dans Célébrades. Ici, il récidive en consacrant une partie de l’ouvrage à son rôle dans le western des « Pétroleuses », où elle partage l’affiche avec Claudia Cardinale. Mais plutôt que de dédier ce recueil à la fameuse « BB », l’auteur prend un virage nettement plus sombre, avec une majeure partie du livre qui expose la terreur et les atrocités de la guerre. Sous un angle très animiste, Bernard Anton donne vie à une planète souffrant elle aussi – des conflits armés.
Pour rappel, l’animisme est une croyance dans laquelle une personne prête une âme aux objets non animés, cela peut également concerner les animaux ou même des lieux comme les montagnes, par exemple. Très répandu dans les cultures autochtones des natifs américains, il est intéressant de noter que l’auteur vit aujourd’hui au Québec. Les Amérindiens du Québec sont algonquiens, iroquois et inuits. De nombreux peuples, aux spiritualités complexes, qui partagent des mythes en commun. S’est-il inspiré des chamans et clans autour de lui, pour définir sa propre vision du monde et de l’au-delà ? Dans cette contemplation de la vie qui s’écrase face aux chars et aux troupes armées, Bernard Anton s’interroge sur l’avenir. « Des larmes pour l’Ukraine » prennent la forme de haïkus terribles qui s’indignent dans une guerre qui n’a pas de sens. Finalement, l’angle choisi par l’auteur semble vouloir supposer que la cruauté humaine est le plus grand mal de la planète.
Mais puisque Bernard Anton n’est pas moralisateur, il appelle surtout à une réflexion plus profonde, concernant l’impact de l’humain sur la Terre. À une ère où l’urgence climatique est plus dramatique que jamais, il est important de secouer les consciences et de pointer du doigt des vérités qui dérangent. Dans ce combat entre Ukrainiens et Russes, le champ de bataille est déjà en déclin. En réalité, lorsque les guerres se jouent et détruisent, la faune et la flore subissent. Bien entendu, l’humain défend avant tout sa propre espèce : il songe à l’écosystème en second plan. Mais n’est-ce pas précisément la raison de ce massacre continu, qui étouffe le vivant ? En agissant de la sorte, l’Homme se désolidarise de son monde, auquel il appartient. Il serait peut-être temps de penser « global » et de jouer sur cette unité utopiste certes, mais porteuse d’espoir.
Puisque Bernard Anton est un auteur prolifique qui puise ses inspirations dans ce qui l’entoure, il ne compte pas s’en tenir qu’à son opposition à la guerre. Pour mieux sublimer ce message de paix, il décide d’y inclure d’autres parties, beaucoup plus brèves, mais qui semblent prendre la forme d’un puzzle. Approchées les unes des autres, chaque pièce s’assemble à la perfection. Que cela soit intentionnel ou non, le résultat donne une impression de tableau. Les trente-neuf premières pages sont consacrées à l’Ukraine, les haïkus restants se séparent en des « morceaux », des fragments de vie qui composent le visage du monde. Une face qui n’est ni parfaite et pure, ni corrompue jusqu’à l’os et sans espoir. Dans la partie « Entre la peau et la pulpe », l’écrivain contemple son environnement calme où les animaux vivent en harmonie avec l’humanité. Les saisons s’enchaînent et survivent, dans un rythme maîtrisé, régi par l’énergie d’une nature qui bouge. Les « Libertades » sont plus tournées vers les relations à l’autre, au corps, à l’amour… Tandis que les « Jeux de grâce » se concentrent autour de la figure tant adulée par l’auteur, Brigitte Bardot. La fin de la compilation des poèmes perturbe le lecteur et le trouble. Dans « Dysharmonie », ce dernier rencontre une plume apeurée, qui a tout abandonné… Et qui finit par se complaire derrière un masque. De quel genre de masque parle-t-on ici? Est-il plutôt vénitien ou chirurgical ?
Difficile de rester de marbre face à un projet aussi sincère et authentique. Le lecteur découvrant Bernard Anton se trouve en possession d’une œuvre qui le représente bien: engagée, résolument tournée vers l’autre, sensuelle et sensorielle.
https://www.nicepremium.fr/les-poemes-de-bernard-anton-sont-des-lauriers-pour-lukraine/?swcfpc=1 Nice Premium, 6 juin 2022 (France)
Par Marianne Dubé
Publié le 7 juin 2022 Courrier Laval
Le nouveau recueil de poèmes de Bernard Anton, Lauriers pour l’Ukraine, est sorti le jeudi 2 juin et aborde sans détour les horreurs de la guerre qui sévit depuis plus de 100 jours en Ukraine.
Le poète de 61 ans achève dans moins d’un mois sa carrière d’enseignant de français, dont 20 ans au Centre de formation les Berges, rue Cunard, à Chomedey.
L’homme qui réside dans les Laurentides est extrêmement touché par ce qui se passe dans ce pays en guerre. La deuxième moitié du recueil aborde plusieurs thèmes divers sans lien avec l’Ukraine.
Pour lui, il était important de dater ces autres poèmes écrits avant la guerre, car «après la guerre de l’Ukraine, on peut plus parler d’amour, on peut plus parler de joie, on peut plus parler de paix, on peut plus s’amuser… ça nous assomme tellement…».
«Le mal avec un M majuscule»
Depuis trois mois, toutes les pensées du poète sont dirigées vers le peuple ukrainien. Il n’est plus capable d’écouter de la musique joyeuse sans une pointe de culpabilité.
«Moi, je ne peux pas rester indifférent», explique-t-il. Il avoue être «très sensible à l’injustice» et ajoute que ce conflit est terriblement injuste.
D’autant plus qu’il a l’impression que rien n’est fait pour aider la population qui se fait attaquer de façon «aberrante » par « un pouvoir pervers».
La première partie du recueil est une longue suite de haïkus, ces poèmes brefs d’origine japonaise comportant trois vers de cinq, sept et cinq syllabes. «Je suis minimaliste, explique-t-il. J’aime les petites choses fortes, qui ont un impact.»
Bernard Anton n’aurait pas été capable d’écrire des pages entières d’horreurs. La brièveté de ses poèmes allégeait le tout, selon lui.
Pour le poète, l’idée d’écrire sur cette guerre était de créer «un antidote contre la violence, écrire des paroles poétiques qui aspirent à la paix». Il ne décrit pas les horreurs par plaisir: «Si j’appelle la chose, c’est pour la dénoncer, si je nomme la chose c’est pour la combattre», expose-t-il. Il assure qu’il y a beaucoup d’espoir derrière ses vers.
Malgré sa grande sensibilité, pour lui, l’écriture a été «thérapeutique». Il s’est concentré sur l’humain dans la guerre. Selon lui, la Russie tente d’effacer la mémoire du peuple Ukrainien: «elle transforme des villes entières en cimetière».
Avec cette attention tournée vers la situation des Ukrainiennes et Ukrainiens: «Je leur rends justice en quelque sorte», lance-t-il.
Force de la nature
À la lecture du recueil, on remarque la présence presque constante de mots évoquant la nature. L’objectif pour le poète était de montrer que «même la nature pleure». Que ce soient des gerbes de fleurs, des arbres ou le ciel; la nature est comme spectatrice des actes décrits.
« arbres tout en fleurs
devant les maisons soufflées
espoir qui renaît »
Pour Bernard Anton, cet extrait exclusif, qui figurera dans la deuxième édition du recueil, démontre bien l’apport de la nature dans ses poèmes. Ce haïku est inspiré d’une photo de l’Ukraine dans laquelle figurait un arbre bourgeonnant au printemps devant des maisons détruites par les bombardements. Pour lui c’est la preuve que l’espoir existe encore.
Le recueil dit: «Soyons comme un soleil qui dissipe les ténèbres», raconte-t-il. Bernard Anton souhaite chaque jour que la paix revienne et que ces actes «inconcevables» se terminent pour de bon.
https://courrierlaval.com/un-enseignant-de-laval-ecrit-pour-lukraine/
LES LAURIERS POUR L’UKRAINE DE BERNARD ANTON
31 MAI 2022
Bernard Anton s’est lancé dans l’écriture d’un nouveau recueil poétique. Pour cette sortie littéraire prévue le 3 juin 2022, il choisit la maison de L’Harmattan, une fois de plus. Au sein de l’éditeur, la branche « Les Impliqués » a pour but de brasser des œuvres uniques qui s’éloignent des sentiers battus. Cela permet à Bernard Anton de délivrer son message comme il l’entend, sans devoir entrer dans des cases spécifiques. En effet, grâce à cette liberté, le poète peut organiser son ouvrage. Le livre débute par cinq proverbes ukrainiens, ainsi que la proclamation de la présidente de la Commission européenne au printemps 2022, Ursula von der Leyen.
De ce fait, le lecteur comprend immédiatement que cette publication sera centrée autour de la guerre opposant la Russie à l’Ukraine. Certes, le chef d’État russe n’a pas officiellement déclaré la guerre – préférant le terme de « conflit ». Pourtant, la réalité semble bel et bien correspondre à la définition de « guerre ». Si l’on se réfère au Larousse, la guerre est une « lutte armée entre États, considérée comme un phénomène historique et social (s’oppose à paix). » À bien des égards, cette crise diplomatique et militaire a secoué et bouleversé nos vies, même si la France se situe à des kilomètres du champ de bataille. Pour cela, l’art est puissant, puisqu’il permet aux créateurs de contenu de s’engager autrement, sans avoir à brandir un fusil.
Dans ce livre de moins de soixante-dix pages, Bernard Anton s’adresse directement à Volodymyr Zelensky, président élu en Ukraine. Sous forme de haïkus, cette forme que l’auteur apprécie tant – le poète plante un décor apocalyptique.
Le cauchemar est retranscrit par des images crues et sans filtre, qui sont particulièrement mises en valeur et percutantes, grâce à la brièveté du haïku. Ainsi, chaque scène qui se présente au lecteur s’imprime dans son imaginaire, pour mieux décrire une réalité souvent distordue. D’ailleurs, Bernard Anton n’hésite pas à dénoncer les vices de procédure et même l’hypocrisie. Dans ce haïku qui fait référence à la propagande, l’artiste pointe du doigt l’absurdité de la manipulation des médias : « désinformation/cette pomme est une orange/ce raisin un chou. » Alors que le ton global du livre est sombre et alarmiste, celui-ci transmet également les préoccupations et combats permanents de Bernard Anton, dont son implication pour l’écologie et cette « nature en deuil ». Les « lauriers pour l’Ukraine » forment la première partie du recueil.
La seconde est baptisée « Entre la peau et la pulpe ». Il y règne une mélancolie typique de Bernard Anton, qui s’extasie devant la beauté de l’environnement. Après les atrocités dépeintes dans la première catégorie de l’ouvrage, celle-ci semble plus calme : « près des arbres morts/les pousses vertes les narguent : à nous la vie ! »
La troisième division du livre correspond aux « Libertades ». Comme en écho à son recueil « Célébrades », Bernard Anton aime inventer, créer des mots et se réapproprier le langage. Dans cette partie très érotique et sensuelle, Bernard Anton se joue des petites scènes ironiques de la vie avec frivolité et espièglerie : « lire dans le train/texte, images explicites/près d’un moine âgé. »
Enfin, les « Jeux de grâce » forment la quatrième section de l’œuvre. Cet admirateur de Brigitte Bardot lui consacre de nouveau ses poèmes. Véritable muse, cet éloge lui vient après le visionnage du film « Les Pétroleuses » (1971, de Christian-Jaque). Chaque angle du recueil se termine par une date, permettant de situer la période à laquelle Bernard Anton a composé ses haïkus.
Enfin, le livre s’achève par « Dysharmonie » et « À la rescousse des masques ». Tandis que l’un des deux est relativement noir et opaque, l’autre est une invitation à la fête : « célébrons l’infinitude de la joie le plaisir éphémère du paraître ! »
Dans la digne lignée de ses créations, Bernard Anton souhaite poser des mots sur des situations exceptionnelles. Lui qui avait déjà explicité le confinement et la pandémie mondiale s’en prend à la tragédie de l’Ukraine. Une dénonciation qui s’épanouit sous la forme d’ode à la vie, permettant au lecteur de profiter d’une lecture intense, qui ne sombre pas dans le pessimisme.
Auteur de plus de cinquante livres, Bernard Anton prouve une fois de plus qu’il se sent à l’aise dans son univers particulier, sensoriel et souvent recentré autour de la nature et de saynètes qui semblent ordinaires, révélant la beauté d’une existence éternelle et de son cycle. Un ouvrage court et touchant, qui plaira aux fans de poésie moderne.
Article paru dans ACTUMag
https://actumag.info/les-lauriers-pour-lukraine-de-bernard-anton/
A l’occasion de la récente parution de son recueil « Lauriers pour l’Ukraine », Bernard Anton nous a accordé un entretien exclusif autour de cet écrit.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Quand j’étais jeune, je voulais devenir acteur, avocat ou médecin. Je ne tolérais pas l’injustice ou les mauvais traitements. J’étais toujours porté à aider les faibles et les malades. Enfant, je regardais à la télévision les reportages sur différentes guerres en cours et m’écriait : « Pourquoi est-ce qu’ils font cela ? Nous sommes des frères ! Quelle absurdité ! La barbarie à l’état pur. » L’amour de la littérature l’a vite emporté. C’est avec des mots que, dans Lauriers pour l’Ukraine, je dénonce aujourd’hui l’injustice et viens au secours des affligés. J’invite ceux et celles que je côtoie, par ma pratique de l’enseignement et de l’écriture, à éveiller leur conscience.
peut-on hésiter / de défendre l’opprimé ? / le soleil est mort
Vous êtes l’auteur de nombreux ouvrages (plus de 50), parlez-nous de votre carrière d’écrivain ou plutôt de poète ?
Ma carrière s’est bâtie toute seule, au fil du temps, sans m’en rendre compte. Chaque année, c’était un projet d’écriture, un livre qui venait m’habiter, selon les circonstances et les priorités. Je le portais jusqu’à l’accouchement (sa publication). C’est maintenant l’heure des bilans. En effet, plus de cinquante livres publiés (poésie, slam, conte, théâtre, roman, nouvelles, essai, matériel pédagogique…). Le tout, centré sur l’être humain et ses aspirations.
Je suis essentiellement poète. La poésie qui est un « haut langage » selon un théoricien, correspond à mon besoin inné de créativité. Elle peut également se présenter sous forme de prose, mais la source est la même.
cadavres partout / tortures et maints charniers / le ciel le permet ?
Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je suis à l’écoute de ce qui se passe en moi et autour de moi. Mon environnement m’inspire ce que je dois écrire. Je n’ai jamais « forcé la note ». Je ne suis pas le genre d’écrivain à s’assoir de 9 à 5 pour écrire. J’écris comme ça vient, quand ça vient. Bien sûr, il y a le travail de l’artisan après pour éviter les répétitions, choisir un vocabulaire juste et varié, clarifier la pensée.
Je suis bien incarné et engagé dans ce que vit la société, tout le contraire du poète qui reste dans sa tour d’ivoire. Les événements, les peines et les joies des autres m’inspirent. Mon seul mérite est d’être au diapason et disponible. Il y a des thèmes auxquels je suis sensible comme l’amour, la fragilité et le bien-être de la vie humaine, la nature.
que redoutez-vous ? / arrachez donc la racine! / soulagez les ombres!
Votre prochain livre sort le 2 juin aux éditions Les Impliqués, vous avez voulu rendre hommage à l’Ukraine ?
Les images qui nous proviennent directement de l’Ukraine, depuis quelques mois déjà, sont horribles. De quel droit un pays envahit impunément, détruit, rase des régions entières, chassant, déportant, torturant, violant, éliminant des civils innocents, juste pour étendre son territoire, redessiner sa carte géographique et avoir un accès à la mer ? Est-ce encore possible au XXIe siècle, après tant de progrès à tous les niveaux, y compris législatifs et en lien avec les droits de la personne ?
Ces interrogations ont motivé l’écriture de ces brefs poèmes à la japonaise. Au début, c’était un besoin de défoulement, un cri de désespoir, ma façon thérapeutique d’exorciser la colère qui montait en moi devant tant d’horreurs. Je me suis rendu compte, au bout de quelques semaines, que c’était plus qu’un journal intime ou des notes sporadiques couchées sur des bouts de papier, mais bel et bien un recueil qui se formait progressivement au quotidien.
Je voulais que ces haïkus sur la guerre ukrainienne transcrivent les scènes insoutenables relayées par les médias, car on ne peut pas taire cela. Les cacher, c’est en être complices. Ces pages constituent à présent un mémorial de ce tragique épisode qui, j’espère, finira bientôt.
J’admire le courage et la résilience du peuple ukrainien et de son président. Ils méritent bien notre soutien. Nous n’en faisons pas assez pour les sauver. Leurs sacrifices sont énormes.
deux coups de canon / l’auto est pulvérisée / vieux carbonisés
En tant que penseur humaniste que pensez-vous de ce conflit ?
Je suis totalement ébahi, bouleversé. Comment peut-on laisser un seul individu mettre le monde à l’envers, sans intervenir ni arrêter ses agressions quotidiennes qui dépassent tout entendement ? Comment peut-on permettre à tant de mensonges de justifier un génocide et une politique constante de la terre brûlée ? Voir, en outre, leur chef religieux approuver ces massacres ôte toute confiance dans les institutions !
Plus que la politique, ce qui m’intéresse, c’est l’humain qui souffre, son droit à une vie paisible, le respect de l’autonomie et de l’intégrité d’un pays. Sinon, ce n’est pas vivable. C’est la loi de la jungle et l’on retourne à ce moment à l’âge de pierre. N’est-ce pas ce qui arrive ?
Quand les nouvelles rapportent un crime commis dans la communauté, les gens s’exclament. Dans cette guerre, des centaines de milliers de crimes horribles sont commis depuis des mois et le monde n’est pas plus réactif que cela. Seulement des sanctions, laissant ces destructions se poursuivre ! C’est totalement inacceptable.
Qu’il était naïf l’appel d’un leader, lors de la création de l’Organisation des Nations Unies : « Plus jamais la guerre ! » L’être humain, étant ce qu’il est, portant en lui le potentiel de domination, incapable de contrôler ses ambitions, aveuglé par son désir de régner, est encore capable, malheureusement, des pires atrocités. Nous le voyons clairement aujourd’hui.
tous les délits permis / absence de conscience / aubes fracassées
Un dernier mot pour nos lecteurs ?
L’intolérance, l’injustice, l’hostilité, la guerre n’ont plus leur place dans une société démocratique et civilisée. Il faut en guérir. Toute violation de l’intégrité d’autrui nous rappelle combien de chemin il nous reste à faire pour arriver à la paix, au respect et à la vraie convivialité.
Il y a un déficit flagrant d’amour, de justice, de paix. Ce sont ces valeurs qui aident à vivre, à exister, à être heureux. Sinon, c’est l’enfer, et nous ne voulons pas cela sur la Terre !
crise humanitaire / les pierres et forêts pleurent / la chair à canon
la boue protectrice / enlise les ennemis / ah ! mère nature !
25 mai 2022, https://magazine-desauteursdeslivres.fr/bernard-anton-presente-lauriers-pour-lukraine/